Le smic en Belgique 2023 porte un autre nom : le revenu minimum mensuel moyen garanti, ou RMMMG, fixé par convention collective. Après l’indexation de novembre 2023, il atteignait 1 994,18 € bruts par mois pour un temps plein. Cet article détaille son calcul, les raisons de ses hausses et son niveau en 2026.
Smic en Belgique en 2023 : le montant brut du RMMMG
Le RMMMG se compte en brut, pour une durée de travail généralement de 38 heures par semaine. En novembre 2023, une indexation automatique de 2 % l’a porté à 1 994,18 €.
Il avait déjà été relevé plusieurs fois depuis 2022. Un salarié payé au minimum en début d’année touchait donc moins que ce montant de fin d’année.
Ce chiffre est un brut mensuel : le net dépend des cotisations sociales et du précompte professionnel, et varie selon la situation du salarié. Pour comparer deux offres d’emploi, le brut du contrat reste la seule base commune.
Les travailleurs de moins de 21 ans relèvent d’un pourcentage de ce minimum, fixé par la CCT n° 50. En 2026, par exemple, un jeune de 20 ans sous contrat étudiant touche 90 % du RMMMG.
RMMMG : qui le fixe et comment il se contrôle
Le RMMMG est défini par la CCT n° 43, une convention conclue entre partenaires sociaux. Le mot « moyen » compte : le minimum est garanti sur une base annuelle, et le contrôle se fait en fin d’année ou au départ du salarié.
Toutes les rémunérations en argent et en nature liées aux prestations normales, primes comprises, entrent dans le calcul. La valeur d’un avantage en nature, comme un logement, peut être déduite.
Les commissions paritaires définissent librement le contenu du RMMMG de leur secteur et ses modalités d’indexation. Un minimum sectoriel peut donc différer du minimum national.
Le caractère annuel de la garantie a une conséquence concrète. Un employeur peut verser un mois un peu moins que le minimum, à condition que la moyenne de l’année le respecte, et un salarié qui n’a pas travaillé toute l’année voit le minimum calculé au nombre de mois prestés.
Indexation automatique et paliers de l’accord interprofessionnel
Le RMMMG national est indexé au même moment et de la même manière que les salaires du secteur public et les prestations sociales. Pour la période de 2022 à 2026, chaque indexation automatique recensée est de 2 %.

À côté de l’indexation automatique, l’accord interprofessionnel prévoit des paliers de hausse réelle en avril 2022, avril 2024 et avril 2026. Les deux derniers ajoutent chacun environ 35 € bruts. Quelques jalons permettent de suivre la trajectoire :
- Novembre 2023 : 1 994,18 € bruts, après une indexation de 2 %.
- Février 2025 : 2 111,89 € bruts.
- Janvier 2026 : 2 154,11 € bruts, puis 2 189,81 € dès avril avec le dernier palier.
Salaire minimum belge en 2026 : l’écart avec 2023
Au premier trimestre 2026, le RMMMG s’établit à 2 154,11 € bruts, puis à 2 189,81 € à partir d’avril. Par rapport aux 1 994,18 € de novembre 2023, l’écart est de 195,63 € bruts par mois, soit près de 10 %.
Cette progression alimente la discussion sur le coût du travail et le pouvoir d’achat, que détaille notre dossier sur les positions des syndicats et des employeurs.
Les deux mécanismes jouent ensemble : l’indexation maintient le minimum au rythme des prix, tandis que les paliers de l’accord interprofessionnel le relèvent au-delà de l’inflation. Un salarié au minimum voit donc son brut progresser plus vite que le seul indice santé.
Smic belge, français et portugais : comparer sans se tromper
Comparer des salaires minimums exige des montants bruts pour une même durée de travail. Un écart de montant ne dit rien du pouvoir d’achat, car prix, fiscalité et cotisations changent d’un pays à l’autre.

Pour le Portugal, le dossier sur le montant du salaire minimum portugais donne les chiffres de référence. Un second article examine l’effet du salaire minimum chez les jeunes travailleurs portugais.
La Belgique fixe son minimum par convention collective interprofessionnelle, alors que d’autres pays passent par un texte de loi ou un décret. La comparaison porte donc autant sur le mécanisme de fixation que sur le chiffre.
Temps partiel : calculer le minimum au prorata
Le minimum d’un temps plein se rapporte à 38 heures hebdomadaires, et un salarié à temps partiel en perçoit une part proportionnelle. Pour un contrat à 25 heures par semaine, la base de novembre 2023 donne environ 1 312 € bruts.
Le calcul consiste à diviser le montant du temps plein par 38, puis à multiplier par les heures hebdomadaires du contrat. Les primes et les avantages en nature entrent ensuite dans la comparaison avec ce minimum, selon les règles de la CCT n° 43.
Un minimum sectoriel plus élevé, fixé par la commission paritaire compétente, peut s’appliquer à la place du minimum national. Il faut donc vérifier ce barème avant tout calcul, en plus des 1 994,18 € du RMMMG de novembre 2023.

